Interview de Joel Bienfait- Écrivain

Aujourd’hui dans le cadre de la thématique « interviews », j’ai le plaisir de recevoir Joël Bienfait, écrivain et auteur d'Analyse Ontologique, qui vient nous parler de l’utilisation de son blog WordPress et d'ontologie

Trilogie du Héros

La Trilogie du Héros

 

Bonjour Joël Bienfait, pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs?
Je suis né en 1951, je suis à la retraite depuis six mois. J’appartiens donc à la génération qui est née sans internet et qui a vu et vécu l’avènement de ce média, comme la révolution qu’il a apportée.
Quant à mon parcours, je le dirai double, encore qu’entre les deux, les passerelles soient nombreuses, bien sûr. D’un côté mon parcours socio-professionnel ; de l’autre mon parcours intellectuel, voire spirituel (n’ayons pas peur des mots, et si quelque chose ne me fait pas peur, ce sont les mots).
Pour mon parcours socio-professionnel, il est sans éclat encore que quelque peu atypique. J’ai commencé par l’enseignement (instituteur), puis pendant dix ans, j’ai été tour à tour ou simultanément comédien, animateur — et galérien. Puis, expérience très importante, j’ai exercé comme éducateur pour jeunes gens sortant de prison, pendant huit ans. Enfin, ayant repris alors mes études, je suis retourné dans l’enseignement : l’Agrégation de Lettres modernes m’a permis de (ou m’a forcé à) être professeur de Français pendant 21 ans.
Quant à mon parcours intellectuel, pour être intime voire secret, il est évidemment le plus important. Il a commencé dès 15 ans, quand j’ai commencé à me livrer à ce qui est ma véritable vocation : écrire. Je suis demeuré dans les textes littéraires pendant fort longtemps (avant tout textes de théâtre), avant que mes réflexions ne me mènent à l’essai à la fin des années 90. C’est maintenant l’essentiel de mon activité.

Pouvez-vous nous expliquer le pourquoi de votre site Analyse-Ontologique?
Comme je le disais, mon parcours intellectuel a été longtemps une affaire de moi à moi. Mais j’ai fini par éprouver le besoin de trouver des interlocuteurs pour mettre mon travail à l’épreuve du regard critique des autres. Cependant, j’appartiens à une catégorie qui, en France, n’a pas la parole. Comme je ne fais pas partie des coteries à qui se trouve réservé tout l’espace médiatique (hommes politiques, journalistes, avocats, professeurs d’université) aucun éditeur ne s’intéresse à mon travail. J’ajoute que mon domaine de recherche (ontologie, anthropologie, réflexion philosophique) peut paraître quelque peu austère. Cependant, je ne voulais pas que mon travail disparaisse avec moi. Quand internet est apparu, j’ai su tout de suite que c’était le seul canal qui me permettrait d’avoir accès à une mémoire publique dans laquelle je pourrais en quelque sorte faire héberger mon travail et où les gens intéressés pourraient venir le chercher et le consulter — sans me faire d’illusion toutefois sur la fréquentation. Mais au moins, avoir un site, c’est exister autrement que dans l’espace clos de son petit bureau.

Etes-vous satisfait de votre site internet et de sa partie Blog?
Je suis extrêmement satisfait de mon site, et ceci pour plusieurs raisons.
D’abord, l’espace qui a été ainsi mis à ma disposition est suffisamment large pour que j’aie pu synthétiser mes douze ans de recherches sans avoir à dénaturer mon propos. C’est un espace grâce auquel j’ai pu simplifier sans devoir être simpliste. J’ai pu, sur ce site, à la fois présenter la théorie et proposer des illustrations, c’est-à-dire montrer que ce travail n’est en rien abstrait et qu’il peut trouver sa place dans une réflexion à la fois exigeante et pratique.
Ensuite, ce site me ravit parce qu’il est extrêmement fonctionnel. On peut naviguer d’une rubrique à l’autre avec une grande aisance, et celui qui se pose des questions pour mieux comprendre dispose des fonctionnalités lui permettant de trouver toutes les réponses. Il faut même souligner un côté ludique qui n’est sans doute pas le moindre mérite du média internet.
Et enfin, last but nos least (comme disait mon copain Shakespeare, celui de « être ou ne pas être », à savoir toute la substance de ma réflexion), ce site me comble parce que je le trouve esthétiquement réussi, attractif sans être clinquant, coloré sans être agressif, animé sans être chaotique. Le sérieux du contenu est à la fois amorti et respecté. Avec un graphisme élégant, des illustrations bien mises en valeur et une tonalité d’ensemble fort discrète, ce site montre, me semble-t-il, qu’on peut être amusant sans être un rigolo.

Comment trouvez-vous l’utilisation de WordPress?
Je trouve l’utilisation de ce site tout à fait commode, et même amusante. Je rencontre parfois quelques difficultés à intégrer certaines images, et j’éprouve ici et là quelque frustration à devoir renoncer à des illustrations qui me paraissaient les plus pertinentes. Mais je ne saurais me plaindre de quelques limites techniques : le blog est un formidable outil, et je ne peux que souligner combien quelqu’un comme moi, non spécialiste pourtant des manipulations de logiciels, loin de loin ! n’a éprouvé pratiquement aucune difficulté pour parvenir à maîtriser suffisamment l’instrument et diffuser son message.

Avez-vous des retours d’informations par vos lecteurs à propos de votre site?
Malheureusement, de ce côté, je ne peux pas dire que les retours soient nombreux. Mais ce site n’est ouvert que depuis un mois et demi, et il est dans sa nature, de par son contenu, de ne pas s’adresser aux foules. En fait, une seule réaction : quelques mots, en anglais — mais fort élogieux !
En revanche, mes amis ne tarissent pas d’éloges, et même s’ils admettent qu’il faut de la curiosité intellectuelle pour parcourir le site en entier, tous sont d’accord pour dire qu’il est fort attrayant et très bien réalisé.

le-croyant-kafka

Le croyant kafka - Joël Bienfait

Est-il aisé pour un auteur de rédiger sur le Web?
Moi qui suis de la vieille école, et qui ai grandi dans cette conviction qu’il y avait affinité nécessaire voire exclusive entre auteur et papier, j’ai appris dès les années 80 à passer de la page à l’écran, et j’ai vite éprouvé que la souplesse d’utilisation (corrections, copier-coller, etc.) était un atout tel que, bien vite, il n’a plus été question d’y renoncer. Si bien que passer ensuite sur le Web ne m’a posé aucun problème. Certes, il faut apprendre peut-être à manier l’accroche, à pratiquer une efficacité dont on se préoccupe sans doute moins sur le papier, mais je ne vois pas en quoi cette nécessité s’exercerait au détriment du contenu. Personnellement, je n’éprouve aucune difficulté ni aucune frustration à rédiger pour le Web.

Joël Bienfait, merci encore de votre participation, un dernier mot pour conclure?
Je considère que, finalement, j’ai eu beaucoup de chances de vivre et de travailler à l’ère d’internet, et je ne peux qu’être reconnaissant à Fabrice Ducarme de m’avoir permis de prendre pied sur cette prodigieuse plate-forme, aussi modeste que soit la surface que j’y occupe. Je tiens à dire aussi que je fais partie de ceux qui pensent que, si internet est le lieu du pire et du meilleur, on doit faire tout son possible pour promouvoir toujours le meilleur, et je suis heureux d’avoir trouvé des compétences techniques qui n’ont pas jugé négligeables mes exigences et mes efforts en ce sens.

 

Vous pouvez retrouver Joël Bienfait sur Analyse Ontologique, également auteur de nombreux ouvrages découvrez sa bibliographie et de succulents billets d'humeur via son Blog.

 

A propos de l'auteur...

WPFormation

Fabrice Ducarme, formateur WordPress je suis éditeur, auteur et fondateur du site WP Formation.com. Conférencier lors des WordCamp Paris 2013 & 2015 ainsi qu'au WP Tech Nantes 2014, je vous propose plus de 400 articles & tutoriaux à propos de WordPress, mes trucs & astuces mais aussi des coups de gueule...

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