Trois méthodes pour désactiver vos plugins WordPress : depuis le tableau de bord (un clic), via FTP en renommant le dossier /plugins/, ou via phpMyAdmin en vidant le champ active_plugins. La méthode FTP reste la plus fiable quand vous êtes bloqué hors de wp-admin — c’est celle que j’utilise systématiquement en dépannage client.
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Pourquoi désactiver un plugin WordPress ?
Un plugin qui plante, un écran blanc, un conflit après une mise à jour, un site devenu inaccessible. Voilà le quotidien du dépannage WordPress. Et la première chose à faire dans 90 % des cas : désactiver les plugins.
Pas les supprimer. Les désactiver. La nuance compte. Un plugin désactivé reste sur le serveur, conserve ses réglages en base de données, et peut être réactivé à tout moment. Un plugin supprimé, c’est autre chose — et on en parle dans l’article dédié à la désinstallation propre.
Concrètement, vous aurez besoin de désactiver vos plugins dans trois situations :
- Débogage — identifier quel plugin provoque un conflit, un écran blanc ou une erreur 500
- Maintenance — préparer une migration, une montée de version PHP, ou un changement d’hébergeur
- Urgence — votre site est bloqué et vous n’avez plus accès au tableau de bord
Dans les trois cas, la méthode varie selon que vous avez encore accès à wp-admin ou non. Voyons les trois approches, de la plus simple à la plus technique.
Méthode 1 : désactiver depuis le tableau de bord
C’est le cas idéal. Vous avez accès à wp-admin, tout fonctionne — vous voulez juste couper un plugin pour tester quelque chose.
Désactiver un seul plugin
Rendez-vous dans Extensions → Extensions installées. Sous chaque plugin actif, un lien "Désactiver" apparaît. Cliquez dessus. Le plugin passe en grisé, ses fonctions sont immédiatement coupées. Rien n’est supprimé du serveur.
Pour le réactiver, même endroit : cliquez sur "Activer". Vos réglages sont conservés.
Désactiver plusieurs plugins d’un coup
Cochez les plugins concernés (ou cochez la case tout en haut pour tout sélectionner), puis dans le menu déroulant "Actions groupées", choisissez "Désactiver" et cliquez sur "Appliquer".
Astuce de formateur : quand je débogue un site client, je désactive tous les plugins d’un coup, puis je les réactive un par un. Dès que le problème réapparaît, j’ai trouvé le coupable. C’est la méthode la plus rapide — je l’ai utilisée sur des centaines de sites depuis 2012.
Méthode 2 : désactiver via FTP (sans accès à wp-admin)
L’écran blanc. L’erreur 500. Le message "Le site rencontre des difficultés techniques". Quand wp-admin ne répond plus, il reste le FTP.
Vous aurez besoin de vos identifiants FTP (fournis par votre hébergeur) et d’un client FTP comme FileZilla. Si vous êtes chez un hébergeur qui propose un gestionnaire de fichiers dans le cPanel (O2switch, Infomaniak, OVH), vous pouvez aussi passer par là — même résultat, sans logiciel à installer.
Désactiver tous les plugins via FTP
Connectez-vous en FTP et naviguez jusqu’au dossier /wp-content/. Là, vous verrez le dossier plugins. Renommez-le en plugins_old (clic droit → Renommer).
C’est tout. WordPress ne trouve plus le dossier plugins, donc il désactive automatiquement toutes les extensions. Vous devriez retrouver l’accès à wp-admin.
Attention : n’oubliez pas de renommer plugins_old en plugins une fois connecté au tableau de bord. Sinon, WordPress va créer un nouveau dossier plugins vide au prochain chargement et vous perdrez la trace de vos extensions installées.
Désactiver un seul plugin via FTP
Si vous savez quel plugin pose problème, inutile de tout couper. Allez dans /wp-content/plugins/, trouvez le dossier du plugin fautif, et renommez-le. Par exemple : akismet devient akismet_disabled.
WordPress ignore les dossiers dont le nom ne correspond pas à un plugin enregistré. L’extension est désactivée sans toucher aux autres.
Ma méthode de diagnostic en dépannage
Quand un client m’appelle parce que son site est en panne, voici exactement ce que je fais :
- Je renomme
pluginsenplugins_off - Je crée un nouveau dossier
pluginsvide - Je déplace les plugins un par un depuis
plugins_offversplugins - Après chaque déplacement, je recharge le site
- Dès que le bug réapparaît → le dernier plugin déplacé est le coupable
C’est plus propre que de renommer chaque dossier individuellement. Et ça fonctionne à tous les coups.
Méthode 3 : désactiver via phpMyAdmin (solution de dernier recours)
Cette méthode est la plus technique. Elle modifie directement la base de données. Je ne la recommande que si le FTP ne suffit pas (cas rare) ou si vous avez des plugins "must-use" dans /wp-content/mu-plugins/ qui ne se désactivent pas par FTP classique.
Connectez-vous à phpMyAdmin via le cPanel de votre hébergeur. Ouvrez la base de données de votre WordPress et trouvez la table wp_options (le préfixe peut varier — qlffvj_options chez moi par exemple).
Cherchez la ligne dont le champ option_name vaut active_plugins. La valeur option_value contient un tableau PHP sérialisé qui liste tous les plugins actifs.
Pour désactiver tous les plugins : remplacez la valeur par a:0:{} (tableau vide). Sauvegardez. Tous les plugins sont immédiatement désactivés.
Attention : faites une sauvegarde de la table wp_options avant toute modification. Un copier-coller de la valeur active_plugins dans un fichier texte suffit. Si vous faites une erreur dans le format sérialisé, WordPress ne pourra plus lire la liste des plugins.
WP-CLI : la méthode des développeurs
Si vous avez accès au terminal SSH de votre hébergeur (O2switch, Infomaniak et la plupart des hébergeurs pros le proposent), WP-CLI est de loin la méthode la plus rapide.
WordPress maintient officiellement WP-CLI depuis 2017. C’est l’outil en ligne de commande de référence pour gérer une installation WordPress sans passer par le navigateur.
# Désactiver un plugin
wp plugin deactivate akismet
# Désactiver tous les plugins
wp plugin deactivate --all
# Lister tous les plugins avec leur statut
wp plugin list
# Réactiver un plugin
wp plugin activate akismet
Propre, rapide, scriptable. Si vous gérez plusieurs sites WordPress, apprenez WP-CLI — ça change la vie.
Le mode Récupération de WordPress (depuis WP 5.2)
Depuis WordPress 5.2, un filet de sécurité existe : le mode Récupération. Quand un plugin provoque une erreur fatale, WordPress le détecte, le désactive automatiquement, et vous envoie un email avec un lien de connexion spécial.
Ce lien vous donne accès à wp-admin même si le site est planté. Vous pouvez alors identifier et désactiver le plugin fautif depuis le tableau de bord. Le lien expire au bout de 24 heures.
Pour que ça fonctionne, deux conditions :
- L’adresse email admin de WordPress doit être valide et recevoir les emails
- Le fichier
wp-config.phpne doit pas contenirdefine('WP_DISABLE_FATAL_ERROR_HANDLER', true)
Depuis WordPress 6.6, ce mode a été amélioré : il détecte aussi les conflits entre plugins et vous indique précisément lequel a planté. Vérifiez vos emails (y compris les spams) avant de sortir FileZilla.
Conseil du formateur : quand je forme mes stagiaires, je leur fais volontairement casser un site de test avec un plugin défaillant. L’objectif : qu’ils sachent utiliser le mode Récupération ET le FTP. Parce que le mode Récupération ne fonctionne pas toujours — si votre hébergeur bloque les emails sortants, vous ne recevrez jamais le lien.
Désactiver un plugin vs le supprimer : quelle différence ?
La confusion revient souvent chez les débutants. Voici la distinction en clair :
Un plugin désactivé : ses fichiers restent sur le serveur dans /wp-content/plugins/. Ses réglages restent en base de données. Il ne s’exécute plus — zéro impact sur les performances. Vous pouvez le réactiver en un clic.
Un plugin supprimé : ses fichiers sont effacés du serveur. Selon le plugin, ses données en base sont aussi supprimées (ou pas — c’est le problème). C’est irréversible sans réinstallation.
Mon conseil : si vous ne faites que du diagnostic, désactivez. Ne supprimez que quand vous êtes certain de ne plus vouloir le plugin — et dans ce cas, suivez la procédure de désinstallation propre pour ne pas laisser de résidus en base.
Les plugins qui posent le plus souvent problème
En 15 ans de dépannage WordPress, certains noms reviennent en boucle. Ce ne sont pas forcément de mauvais plugins — mais ils sont plus sensibles aux conflits.
- Les plugins de cache (WP Rocket, LiteSpeed Cache, W3 Total Cache) — conflits avec les CDN, les hébergeurs managés, ou entre eux
- Les constructeurs de pages (Elementor, Divi, WPBakery) — conflits avec les mises à jour de thème
- Les plugins de sécurité (Wordfence, iThemes Security) — peuvent bloquer votre propre IP ou casser les fichiers .htaccess
- Les plugins de formulaire (Contact Form 7, Gravity Forms) — conflits JavaScript avec d’autres plugins
Dans tous ces cas, la méthode est la même : désactiver, tester, réactiver un par un. Pas de raccourci.
Questions fréquentes
Désactiver un plugin ralentit-il mon site WordPress ?
Non, c’est l’inverse. Un plugin désactivé ne charge aucun code PHP, aucun fichier CSS ou JavaScript. Il n’a strictement aucun impact sur les performances. En revanche, ses fichiers occupent toujours de l’espace disque — quelques Mo tout au plus.
Mes réglages sont-ils perdus quand je désactive un plugin ?
Non. Les réglages d’un plugin sont stockés dans la base de données WordPress (table wp_options principalement). La désactivation ne touche pas à la base de données. Quand vous réactivez le plugin, tout est comme avant.
Puis-je désactiver un plugin WooCommerce en production ?
Techniquement oui, mais c’est risqué sur un site e-commerce en production. Si vous désactivez WooCommerce lui-même, vos pages boutique, panier et paiement deviennent inaccessibles. Faites-le en heures creuses et prévenez vos clients si possible. Mieux : testez d’abord sur un environnement de staging.
Le FTP ne fonctionne pas, phpMyAdmin non plus. Que faire ?
Contactez votre hébergeur. La plupart proposent un accès au gestionnaire de fichiers via le cPanel même quand le FTP est bloqué. Si tout est inaccessible, votre hébergeur peut intervenir sur le serveur directement. Chez O2switch ou Infomaniak, le support répond en quelques minutes.
Combien de plugins WordPress peut-on installer sans problème ?
Il n’y a pas de nombre magique. J’ai vu des sites avec 5 plugins qui ramaient et d’autres avec 40 plugins qui tournaient parfaitement. Ce qui compte, c’est la qualité du code, pas la quantité. Un seul plugin mal codé peut faire plus de dégâts que 30 plugins bien maintenus.
Quand désactiver un plugin ?
Désactiver un plugin est souvent le premier réflexe de diagnostic, mais encore faut-il savoir quand y avoir recours. Voici les situations les plus courantes où la désactivation s’impose.
- Conflit après une mise à jour : un plugin vient de passer en version majeure et votre site affiche des erreurs ou un comportement inattendu. La désactivation permet de confirmer que c’est bien lui le coupable.
- Site devenu lent : certains plugins alourdissent considérablement le temps de chargement. Désactivez-les un par un pendant un audit de performance pour identifier les fautifs.
- Erreur 500 (Internal Server Error) : quand le serveur répond par une erreur 500 sans message clair, un plugin mal configuré ou incompatible avec votre version de PHP est souvent en cause.
- White Screen of Death (WSOD) : l’écran blanc total bloque l’accès à l’admin. La désactivation via FTP ou la ligne de commande est alors la seule issue (renommer le dossier du plugin dans
wp-content/plugins/). - Test de compatibilité : avant de mettre à jour WordPress ou PHP, désactivez les plugins suspects sur une copie de staging pour anticiper les problèmes.
- Plugin abandonné : un plugin sans mise à jour depuis plus de deux ans et incompatible avec les dernières versions de WordPress représente un risque de sécurité. Le désactiver en premier, puis chercher une alternative.
Désactivation temporaire ou suppression définitive ?
La désactivation est réversible : le plugin reste installé, ses données et réglages sont conservés, et vous pouvez le réactiver en un clic. C’est le bon choix pour un diagnostic ou un test. La suppression, elle, est définitive : les fichiers sont effacés, mais attention — la plupart des plugins laissent leurs données en base (tables, options, transients). Si vous êtes certain de ne plus avoir besoin d’un plugin, supprimez-le proprement. Si vous hésitez, désactivez d’abord, attendez quelques semaines, et supprimez ensuite si tout va bien.
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