my.wordpress.net est un WordPress complet qui tourne dans votre navigateur, sans serveur, sans inscription, sans hébergement. Lancé le 11 mars 2026, il s’appuie sur WebAssembly et SQLite pour offrir un espace personnel persistant, privé par défaut, avec un catalogue d’applications intégré et un assistant IA capable de créer des plugins.
Pas le temps ? Faites-le analyser par l'IA
WordPress sans serveur. WordPress sans hébergement. WordPress sans inscription. Ça ressemble à une blague, et pourtant c’est exactement ce que WordPress.org vient de lancer le 11 mars 2026 avec my.wordpress.net.
Bon. Avant de crier au miracle, clarifions un point : non, ça ne remplace pas un "vrai" hébergement pour un site public. Mais ce que ça change pour apprendre, tester, prototyper et même travailler au quotidien… c’est énorme. Et ça mérite qu’on s’y arrête.
En tant que formateur WordPress certifié Qualiopi depuis 2012, j’ai vu des dizaines de stagiaires bloquer dès qu’il faut choisir un hébergeur, configurer PHP ou créer une base de données. my.wordpress.net supprime cette barrière d’un coup. Et je pèse mes mots.
my.wordpress.net, c’est quoi exactement ?
my.wordpress.net est un WordPress complet qui s’exécute entièrement dans votre navigateur web. Pas de serveur distant, pas de base de données MySQL, pas de PHP sur un hébergeur. Tout tourne en local, dans votre navigateur, grâce à des technologies qu’on va détailler juste après.
La citation d’Alex Kirk, le développeur qui a dirigé le projet chez Automattic, résume bien la philosophie :
"This takes WordPress from being framed as something that is democratizing publishing to democratizing digital sovereignty."
Alex Kirk, développeur principal de WordPress Playground
Traduction libre : on passe de "démocratiser la publication" à "démocratiser la souveraineté numérique". Rien que ça.
Concrètement, vous ouvrez l’URL, et en 30 secondes vous avez un WordPress fonctionnel. Pas de formulaire d’inscription. Pas de carte bancaire. Pas de choix d’hébergeur. Juste un prénom (optionnel) et un clic sur "Continue". Vous atterrissez sur un tableau de bord WordPress classique, avec la sidebar, les menus, les réglages… tout.

Et le plus important : vos données restent quand vous fermez l’onglet. Le lendemain, votre site est toujours là. Sans compte, sans cloud, sans synchronisation. Tout est stocké localement dans votre navigateur.
Comment ça marche sous le capot ?
Ça vous intéresse, la technique ? my.wordpress.net est construit sur WordPress Playground, le projet officiel qui permet d’exécuter WordPress dans un navigateur. Mais Playground, c’était éphémère : vous fermiez l’onglet, tout disparaissait. my.wordpress.net ajoute la persistance.

Voici ce qui se passe quand vous ouvrez my.wordpress.net :
- PHP en WebAssembly : l’interpréteur PHP est compilé en binaire WebAssembly via Emscripten. Votre navigateur exécute du vrai PHP, comme un serveur, mais en local.
- SQLite remplace MySQL : pas de MySQL dans un navigateur, évidemment. Le plugin officiel "SQLite Database Integration" intercepte toutes les requêtes MySQL et les réécrit en dialecte SQLite. Ça passe 99% des tests unitaires WordPress.
- Service Worker comme serveur : un Service Worker intercepte toutes les requêtes HTTP (quand WordPress charge une page, une image, un script). Il les redirige vers l’instance PHP/WASM qui tourne dans un Web Worker. C’est comme si votre navigateur était devenu un serveur web.
- OPFS pour la persistance : le système de fichiers OPFS (Origin Private File System) stocke vos données de manière permanente dans le navigateur. C’est ça qui fait que votre site survit à la fermeture de l’onglet.
Le bundle initial fait environ 5 Mo compressé (contre ~70 Mo pour un WordPress classique). Le premier lancement prend 20 à 30 secondes, le temps de télécharger et d’initialiser WordPress. Les lancements suivants sont quasi instantanés grâce au cache.
Info : Le stockage initial est d’environ 100 Mo. Chaque appareil a sa propre installation isolée : votre WordPress sur votre PC portable n’est pas le même que celui sur votre téléphone. Et pas de synchronisation automatique entre les deux.
Le catalogue d’applications : WordPress devient une boîte à outils
Là où ça devient vraiment intéressant, c’est l’App Catalog. my.wordpress.net ne se contente pas d’être un WordPress vide : il propose des applications préconçues, installables en un clic.
CRM personnel
Un gestionnaire de contacts privé. Vous regroupez vos contacts, vous ajoutez des notes personnelles, vous programmez des rappels de reconnexion. Tout reste dans votre navigateur. Pas de CRM SaaS à 50 euros/mois, pas de données envoyées sur un serveur tiers.
Lecteur RSS personnel
Basé sur le plugin Friends, c’est un lecteur de flux RSS intégré. Vous suivez vos blogs et sites préférés directement dans votre WordPress. Pas d’algorithme, pas de pression d’engagement, vous lisez à votre rythme. Pour quelqu’un qui fait de la veille WordPress, c’est exactement ce qu’il faut.
Espace de travail IA
Et là, accrochez-vous. Un assistant IA intégré qui peut modifier votre site, créer des plugins, et interroger vos données stockées dans WordPress. WordPress devient une base de connaissances personnelle que l’IA comprend et utilise.
L’assistant peut modifier des plugins existants, en créer de nouveaux, et se souvient du contexte de ce qu’il a touché. Les modifications sont facilement partageables avec d’autres. Sur le papier, c’est le genre de fonctionnalité qui peut tout changer pour les développeurs WordPress qui expérimentent…
Quid de la différence avec WordPress Playground ?
WordPress Playground existe depuis 2023. Vous allez sur playground.wordpress.net, vous avez un WordPress temporaire en 30 secondes. Parfait pour tester un thème, essayer un plugin, montrer une démo.

Le problème ? Vous fermez l’onglet, tout disparaît. Pouf. Votre travail, vos réglages, votre contenu : volatilisés.
my.wordpress.net corrige ce défaut majeur. Même technologie sous le capot, mais avec une couche de persistance. L’annonce officielle le dit clairement : "This isn’t a temporary environment meant to be discarded. It’s a WordPress that stays with you."
Bref. Playground = brouillon jetable. my.wordpress.net = espace de travail permanent.
Pour qui c’est fait ?
my.wordpress.net ne s’adresse pas à tout le monde. C’est un outil personnel et privé. Les sites ne sont pas accessibles depuis Internet. Pas de SEO, pas de trafic, pas de visiteurs. Et c’est voulu.

Vous débutez sur WordPress ? C’est l’outil idéal pour apprendre sans risque. Pas de facture d’hébergement, pas de nom de domaine à choisir, pas de configuration PHP. Vous testez, vous cassez, vous recommencez. Les erreurs sont attendues et récupérables.
Vous êtes formateur ? C’est un game-changer. Lors de mes formations WordPress, je passe souvent la première demi-heure à aider les stagiaires à se connecter à leur hébergement, à retrouver leurs identifiants, à vérifier la version PHP… Avec my.wordpress.net, en 30 secondes tout le monde a un WordPress fonctionnel. On peut se concentrer sur ce qui compte : apprendre à utiliser WordPress.
Vous êtes développeur ? L’espace de travail IA et la possibilité de créer des plugins directement dans le navigateur ouvrent des perspectives de prototypage rapide. Tester une idée de plugin en 5 minutes, sans configurer un environnement local.
Vous voulez un espace privé ? Journal personnel, collecte de recherche, base de connaissances, petit outil interne… WordPress devient un bloc-notes suralimenté qui ne quitte jamais votre machine.
Les limites à connaître (soyons honnêtes)
On l’oublie trop souvent dans les articles d’annonce, mais il y a des limites réelles. Et elles comptent.
- 100 Mo de stockage initial : ça paraît peu, mais pour du texte et quelques images, ça suffit. N’espérez pas y héberger un WooCommerce avec 5000 produits.
- Un appareil = un site : votre WordPress sur votre PC n’est pas synchro avec celui sur votre tablette. Chaque navigateur, chaque appareil a son propre environnement isolé.
- Pas de site public : vos pages ne sont pas accessibles sur Internet. C’est un espace privé. Pour publier, il faudra migrer vers un vrai hébergement.
- Sauvegardez régulièrement : les données vivent dans le stockage du navigateur. Si vous videz le cache, si le navigateur plante, ou si vous changez de machine… sauvegardez vos exports.
- Performance variable : un WordPress en WebAssembly ne sera jamais aussi rapide qu’un WordPress sur un serveur PHP natif. Pour du test et de l’édition, ça passe. Pour du dev intensif, préférez Local.
Attention : ne confondez pas my.wordpress.net (gratuit, privé, dans le navigateur, par WordPress.org) avec WordPress.com (service commercial d’Automattic avec limitations et abonnements payants). Ce sont deux choses complètement différentes.
Ce que ça change pour l’écosystème WordPress
Prenons un peu de recul. WordPress fait tourner 43% du web. Et pourtant, la barrière d’entrée reste la même depuis 20 ans : choisir un hébergeur, configurer un serveur, installer un CMS. my.wordpress.net fait sauter cette barrière.
Ça me rappelle ce que disait Brandon Payton dans l’annonce officielle : "my.wordpress.net lowers the barrier to getting started with WordPress to almost nothing." Presque rien. Un navigateur, c’est tout.
Pour les formateurs, c’est un outil pédagogique de premier ordre. Pour les développeurs, c’est un terrain de jeu instantané. Pour les curieux, c’est la porte d’entrée la plus simple qui ait jamais existé vers WordPress.
Et l’intégration IA… c’est un signal fort. WordPress ne se contente pas de suivre la vague de l’intelligence artificielle : il l’intègre directement dans l’expérience utilisateur de base. Un assistant qui peut créer des plugins, analyser vos données, et personnaliser votre environnement, le tout dans un espace privé et local. Difficile de faire plus concret comme démonstration.
J’ai présenté au WordCamp Lyon 2022 l’évolution de Gutenberg et le futur de l’édition WordPress. Deux ans plus tard, on y est. Le navigateur devient le serveur. L’IA devient l’assistant. Et WordPress devient un espace personnel, pas juste un CMS public.
Comment l’utiliser maintenant
- Ouvrez my.wordpress.net dans un navigateur récent (Chrome, Firefox, Edge)
- Attendez 20-30 secondes le chargement initial (téléchargement du moteur WebAssembly)
- Entrez un prénom (optionnel) et cliquez "Continue"
- Vous êtes dans WordPress. Explorez, créez, testez.
- Fermez l’onglet : tout sera là à votre prochain passage.
Et si vous voulez tester les applications préconçues (CRM, RSS, IA), explorez le catalogue d’apps accessible depuis le tableau de bord.
Conseil : Pensez à télécharger régulièrement un export de votre site (Outils > Exporter dans l’admin WordPress). Les données vivent dans le stockage du navigateur. Un nettoyage de cache un peu trop enthousiaste, et c’est parti.
Questions fréquentes
my.wordpress.net est-il gratuit ?
Oui, totalement gratuit. Pas de compte, pas d’abonnement, pas de carte bancaire. C’est un projet de WordPress.org, la fondation open source derrière WordPress.
Mes données sont-elles envoyées sur un serveur ?
Non. Toutes vos données restent dans votre navigateur, stockées localement via OPFS (Origin Private File System). Rien n’est uploadé nulle part. C’est 100% local.
Puis-je créer un site public avec my.wordpress.net ?
Non. Les sites my.wordpress.net sont privés par défaut et non accessibles depuis Internet. Pour publier un site visible, il vous faut un hébergement classique. my.wordpress.net est conçu pour l’apprentissage, le prototypage et l’usage personnel.
Quelle est la différence entre my.wordpress.net et WordPress.com ?
WordPress.com est un service commercial d’Automattic avec des plans payants et des limitations. my.wordpress.net est un projet gratuit de WordPress.org qui fait tourner un vrai WordPress dans votre navigateur, sans serveur. Les deux n’ont rien à voir.
Puis-je installer des plugins et des thèmes ?
Oui. C’est un WordPress complet avec accès à l’admin, aux plugins, aux thèmes. Certains plugins qui nécessitent des appels serveur externes (envoi d’emails, API tierces) peuvent ne pas fonctionner dans un environnement navigateur, mais la grande majorité fonctionne.
Que se passe-t-il si je vide le cache de mon navigateur ?
Vos données sont stockées dans OPFS, qui n’est normalement pas affecté par un simple nettoyage de cache. Mais un reset complet du navigateur ou une suppression des données de site peut tout effacer. Exportez régulièrement votre contenu via Outils > Exporter dans l’admin WordPress.
Mon avis : un tournant pour l’onboarding WordPress
Après plus de 15 ans à former des gens sur WordPress, à avoir co-créé des plugins installés sur plus de 2 millions de sites, et à voir chaque année des stagiaires bloquer sur la même étape (l’hébergement), je peux vous dire que my.wordpress.net adresse le bon problème.
Le "five-minute install" de WordPress était un argument marketing. En réalité, entre le choix de l’hébergeur, la configuration DNS, la création de la base de données et l’installation proprement dite, comptez plutôt une heure pour un débutant. Avec my.wordpress.net ? 30 secondes. Chrono en main.
Est-ce que ça va remplacer un vrai site WordPress hébergé ? Non. Est-ce que ça va changer la façon dont on découvre, apprend et expérimente WordPress ? Absolument.
Et vous, vous l’avez testé ? Dites-moi ce que vous en pensez. Je suis curieux de voir comment les formateurs et les agences vont s’en emparer…
Ces 7 templates, je les donne en formation payante. Ici, ils sont gratuits.
Sécurité, SEO, performance, contenu, maintenance — les outils que j'utilise en formation et en audit, avec les prompts IA pour aller 10x plus vite.
- 01Workflow contenu anti-IA
- 02Framework SEO Title/Meta/H1
- 03Audit Express 30 points
- 04Blindage sécurité 10 étapes
- 05PageSpeed 90+ sans plugin
- 06Calendrier maintenance IA
- 07Plan d'action 90 jours
1 email / 2 jours pendant 14 jours. Désabonnement en 1 clic.
Analyser avec l'IA
Partager

