Ton site WordPress ranke en première page de Google. Tes métriques SEO sont au vert. Pourtant, quand un prospect demande à ChatGPT ou Perplexity une recommandation dans ton domaine d’expertise, ton site n’apparaît nulle part. Pas de citation, pas de lien, pas de mention. Comme si tu n’existais pas.
Ce scénario touche aujourd’hui des milliers de sites WordPress. La raison : ces moteurs génératifs ne fonctionnent pas comme Google. Ils ne classent pas des pages dans une liste — ils synthétisent des réponses en puisant dans les contenus qu’ils jugent les plus fiables, les mieux structurés et les plus citables. Pour apparaître dans ces réponses, le SEO seul ne suffit plus. Il faut désormais maîtriser le GEO.

Quand ma fille de 18 ans m’a donné une leçon de recherche
La scène date de quelques jours. Discussion à la maison avec ma fille Lanna, 18 ans. On tombe sur une citation attribuée au Général de Gaulle. Sauf qu’aucun de nous deux n’est certain qu’il l’ait vraiment prononcée. On décide de vérifier.
Mon réflexe de vieux routard du web : j’ouvre Google.
Le sien : elle ouvre ChatGPT.
Le temps que je parcoure les résultats de recherche, que je clique sur un premier lien, que je ferme la popup cookies, que j’esquive la bannière newsletter, que je scrolle jusqu’au paragraphe qui m’intéresse… Lanna avait sa réponse. Non seulement ChatGPT lui a confirmé si la citation était authentique ou apocryphe, mais il lui a fourni le contexte historique, les variantes connues de la phrase, et des sources pour approfondir.
Dix-huit ans d’expérience WordPress. Sept plugins publiés sur WordPress.org. 2,1 millions de téléchargements. Et ma fille m’a battu en douze secondes sur une simple vérification factuelle. Cette scène résume à elle seule pourquoi cet article existe.
Lanna ne fait pas partie d’une minorité d’early adopters. Selon Capgemini, 58 % des utilisateurs ont déjà remplacé les moteurs de recherche classiques par des outils IA pour trouver des réponses. Selon Gartner, le volume de recherche sur les moteurs traditionnels va chuter de 25 % d’ici fin 2026. La génération de Lanna ne scrollera jamais une page de résultats Google pour comparer dix liens bleus. Elle pose sa question à un assistant IA et obtient une synthèse immédiate.
La question pour tout professionnel du web devient alors très concrète : quand Lanna — ou un prospect de sa génération — posera une question dans votre domaine d’expertise à ChatGPT ou Perplexity, est-ce que votre site fera partie des 2 à 7 sources citées dans la réponse ? Ou est-ce que vous serez invisible ?
C’est exactement ce à quoi le GEO répond…
Qu’est-ce que le GEO et pourquoi WordPress est concerné
Le GEO (Generative Engine Optimization) est la discipline qui consiste à optimiser un contenu web pour qu’il soit sélectionné, extrait et cité par les moteurs de réponse génératifs comme ChatGPT, Perplexity, Google AI Overviews, Claude ou Gemini. Contrairement au SEO classique qui vise une position dans une liste de liens, le GEO vise une citation dans une réponse synthétisée.
Le terme a été formalisé en 2024 par une équipe de chercheurs de Princeton, Georgia Tech et IIT Delhi (Aggarwal et al.), dont l’étude publiée lors de la conférence ACM SIGKDD a démontré que certaines techniques d’optimisation — ajout de statistiques, de citations de sources, de données factuelles — augmentent la visibilité dans les moteurs génératifs de jusqu’à 40 %. L’étude a aussi montré que le keyword stuffing, pierre angulaire du vieux SEO, ne fonctionne pas du tout dans ce nouveau paradigme.
Les chiffres du marché confirment l’urgence. Selon Gartner, le volume de recherche sur les moteurs classiques devrait chuter de 25 % d’ici fin 2026, au profit des assistants IA. Le rapport Previsible 2025 a mesuré une hausse de 527 % des sessions référencées par l’IA entre janvier et mai 2025. Selon Capgemini, 58 % des utilisateurs ont déjà remplacé les moteurs de recherche traditionnels par des outils IA pour découvrir des produits et services.
WordPress, avec ses 43 % de parts de marché du web, est en première ligne de cette mutation. La bonne nouvelle : son architecture ouverte, ses hooks, son écosystème de plugins et ses données structurées extensibles en font une plateforme particulièrement bien armée pour le GEO — à condition de savoir quoi configurer.
Glossaire : les termes clés à maîtriser
GEO (Generative Engine Optimization) — Optimisation de contenu pour être cité comme source dans les réponses des moteurs IA. Le GEO travaille sur l’inclusion : faire en sorte que votre contenu soit sélectionné par le modèle de langage.
GIO (Generative Information Optimization) — Stratégie avancée qui va au-delà de la simple citation. Le GIO travaille sur l’interprétation : contrôler comment votre marque est présentée, avec quelle tonalité et quel positionnement, dans les réponses générées.
AEO (Answer Engine Optimization) — Optimisation pour les moteurs de réponse directe. L’AEO cible les featured snippets et les réponses factuelles courtes. C’est la brique fondatrice sur laquelle le GEO s’appuie.
SIO (Search Intent Optimization) — Optimisation fondée sur l’intention de recherche de l’utilisateur (informationnelle, transactionnelle, navigationnelle). Le SIO reste ancré dans le SEO classique mais gagne en pertinence quand on optimise aussi pour les requêtes conversationnelles des chatbots.
RAG (Retrieval-Augmented Generation) — Architecture utilisée par les moteurs IA pour générer leurs réponses. Le système récupère d’abord des documents pertinents (retrieval), puis un modèle de langage synthétise la réponse en choisissant quelles sources citer (generation).
llms.txt — Fichier Markdown placé à la racine d’un site (/llms.txt) qui liste et décrit les pages importantes pour les modèles de langage. C’est le « sitemap des IA », proposé par Jeremy Howard (Answer.AI) en septembre 2024.
Chunk Engineering — Discipline consistant à structurer l’information en blocs autonomes, sémantiquement cohérents, optimisés pour être extraits par les systèmes RAG. L’unité atomique du web en 2026 n’est plus la page, mais le fragment.
E-E-A-T (Experience, Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness) — Cadre d’évaluation de la qualité utilisé par Google, désormais repris comme signal de confiance par les LLM pour décider quelles sources citer.
Comment les moteurs IA exploitent un site WordPress
Les moteurs génératifs ne lisent pas votre site comme un humain. Ils ne voient ni votre design, ni vos animations, ni votre sidebar. Voici ce qui se passe concrètement quand ChatGPT ou Perplexity traite une requête liée à votre domaine.
Le pipeline RAG en trois étapes
1. Retrieval (récupération) — Le système interroge un index (souvent alimenté par Bing pour ChatGPT, ou Google pour Gemini) et ramène une première sélection de documents potentiellement pertinents. À ce stade, les facteurs de ranking SEO classiques jouent encore : indexation, autorité du domaine, pertinence sémantique.
2. Reranking (re-classement) — Un modèle spécialisé réordonne ces documents selon des critères de qualité et de fiabilité. ChatGPT utilise un modèle de reranking interne (identifié comme « ret-rr-skysight-v3 » dans des analyses récentes). C’est ici que le GEO entre en jeu : la densité factuelle, la structure du contenu et les signaux d’autorité font la différence.
3. Synthesis (synthèse) — Le LLM génère une réponse en fusionnant l’information des meilleures sources. Il choisit quels passages citer, quelles sources attribuer. Les LLM ne citent en moyenne que 2 à 7 domaines par réponse (source : Profound, 2025) — bien moins que les 10 liens bleus de Google. La compétition pour la citation est donc plus féroce.
Ce que les LLM voient réellement de votre WordPress
Un crawler IA comme GPTBot ou ClaudeBot envoie une requête HTTP GET et récupère le HTML brut de votre page. Il n’exécute pas JavaScript, ne charge pas les images, ne rend pas le CSS. Ce qu’il lit : la structure HTML, les balises de titre (H1-H6), les données structurées Schema.org en JSON-LD, le contenu textuel et les liens. Un thème WordPress lourd avec du contenu injecté en JavaScript côté client (React sans SSR, infinite scroll) sera partiellement ou totalement invisible pour ces crawlers.
Auditer la visibilité IA de son site WordPress
Vérifier son robots.txt : la première urgence
Avant toute optimisation de contenu, il faut s’assurer que les crawlers IA ont le droit d’accéder à votre site. Rendez-vous sur votresite.com/robots.txt et vérifiez qu’aucune directive ne bloque les bots IA pertinents.
Distinction fondamentale à comprendre : il existe deux types de crawlers IA.
| Type | User-Agent | Rôle | Recommandation |
|---|---|---|---|
| Entraînement | GPTBot | Collecte de données pour entraîner les modèles OpenAI | Bloquer |
| Entraînement | Google-Extended | Entraînement de Gemini et VertexAI | Bloquer (n’affecte pas le SEO Google) |
| Entraînement | ClaudeBot | Collecte pour Anthropic | Bloquer ou limiter (Crawl-delay) |
| Entraînement | Meta-ExternalAgent | Entraînement modèles Meta | Bloquer |
| Citation | ChatGPT-User | Récupère en temps réel pour citer dans les réponses | Autoriser (source de trafic) |
| Citation | PerplexityBot | Indexe et cite avec lien retour | Autoriser |
| Citation | OAI-SearchBot | Recherche web pour ChatGPT Search | Autoriser |
Ma recommandation : bloquez les crawlers d’entraînement, autorisez les crawlers de citation. Voici la configuration robots.txt que j’utilise :
# Bloquer l'entraînement IA
User-agent: GPTBot
Disallow: /
User-agent: Google-Extended
Disallow: /
User-agent: ClaudeBot
Disallow: /
User-agent: Meta-ExternalAgent
Disallow: /
User-agent: Bytespider
Disallow: /
User-agent: CCBot
Disallow: /
# Autoriser les crawlers de citation
User-agent: ChatGPT-User
Allow: /
User-agent: PerplexityBot
Allow: /
User-agent: OAI-SearchBot
Allow: /
Sur WordPress, vous pouvez éditer le robots.txt via Rank Math (SEO → Général → Modifier le robots.txt), via Yoast (SEO → Outils → Éditeur de fichiers), ou manuellement via FTP à la racine de votre installation.
Tester sa visibilité dans les moteurs IA
Ouvrez ChatGPT, Perplexity et Claude. Posez-leur les questions que vos prospects poseraient dans votre domaine. Observez : votre site est-il cité ? Si oui, quels contenus ? Si non, quels concurrents apparaissent et pourquoi ?
Exemple concret : si vous vendez de l’hébergement WordPress, demandez à Perplexity « Quel hébergeur WordPress recommander en France ? » et analysez les sources citées. Ce test manuel, répété régulièrement, est aujourd’hui le diagnostic le plus fiable.
Analyser les logs serveur
Vos logs Apache ou Nginx contiennent la trace des visites de bots IA. Recherchez les user-agents GPTBot, ChatGPT-User, ClaudeBot, PerplexityBot. Cette analyse révèle la fréquence de passage, les pages visitées et le volume de requêtes. Des plugins comme MAIO intègrent cette détection directement dans le dashboard WordPress.
Les 7 leviers GEO à activer sur WordPress
1. Rédiger des fragments citables (Chunk Engineering)
Les LLM ne lisent pas un article de 3 000 mots d’un trait. Ils découpent votre contenu en fragments (chunks) qu’ils stockent dans des bases vectorielles. Si vos paragraphes sont flous, ambiguës ou dépendants du contexte environnant, l’IA les ignorera.
Règle du fragment autonome : chaque paragraphe sous un H2 ou H3 doit pouvoir être extrait et compris seul, sans lire le reste de l’article. Mentionnez explicitement les entités : au lieu de « Il permet d’accélérer le site », écrivez « WP Rocket permet d’accélérer un site WordPress en activant la mise en cache navigateur et la minification CSS/JS ».
Règle des 40-60 premiers mots : les premières lignes de chaque section doivent répondre directement à la question implicite du titre. C’est ce fragment que les LLM extrairont en priorité.
Concrètement sur WordPress, chaque bloc Gutenberg (paragraphe, titre, liste) constitue déjà une unité sémantique. Exploitez cette architecture : un bloc = une idée complète.
2. Déployer les données structurées Schema.org
Le balisage Schema.org aide les LLM à comprendre la nature de votre contenu sans avoir à l’interpréter. Une étude Semrush de 2025 a montré une corrélation significative entre l’utilisation de Schema et le taux de citation IA.
Schémas prioritaires pour le GEO WordPress :
Article — Pour chaque post de blog. Inclut l’auteur (lié à un schema Person), la date de publication et de mise à jour. FAQPage — Pour les sections questions/réponses. Les LLM extraient ces blocs en priorité (43 % des citations selon les travaux du MIT). HowTo — Pour les tutoriels et guides étape par étape. Person + Organization — Pour établir l’identité de l’auteur et du site, signaux E-E-A-T essentiels. Product / Review — Pour les comparatifs et tests de plugins/thèmes.
Rank Math gère plus de 840 types de schémas et reste le plugin le plus complet pour cette tâche. Yoast génère automatiquement un graphe sémantique unifié en JSON-LD sur chaque page. Dans les deux cas, vérifiez le balisage avec le Rich Results Test de Google après chaque publication.
3. Maîtriser son robots.txt pour les bots IA
Détaillé plus haut, le robots.txt est votre premier levier technique. Mais la gestion ne s’arrête pas au fichier statique. Cloudflare propose désormais un robots.txt managé pour les crawlers IA, disponible même sur le plan gratuit, qui bloque les bots au niveau réseau — y compris ceux qui mentent sur leur user-agent. Le plugin WordPress Dark Visitors maintient également une liste à jour des bots IA connus et met à jour automatiquement vos directives.
4. Déployer le fichier llms.txt — le sitemap des IA
Le fichier llms.txt est l’innovation technique la plus importante pour le GEO en 2025-2026. Proposé par Jeremy Howard (créateur de fast.ai et fondateur d’Answer.AI) en septembre 2024, ce standard résout un problème fondamental : les LLM ont des fenêtres de contexte limitées et gaspillent des tokens à parser du HTML complexe (navigation, pubs, JavaScript). Le llms.txt leur offre un accès direct à l’essentiel.
Ce qu’est le llms.txt — Un fichier Markdown (pas XML, pas JSON) placé à la racine de votre site (votresite.com/llms.txt). Il contient un titre, une description succincte de votre site, et une liste de vos pages les plus importantes avec leurs URLs et une brève description. C’est l’équivalent du sitemap.xml, mais conçu pour les modèles de langage.
Ce qu’il n’est pas — Le llms.txt ne remplace ni le robots.txt (qui gère les autorisations d’accès), ni le sitemap.xml (qui guide l’indexation des moteurs de recherche). Ces trois fichiers sont complémentaires.
Le format spécifié par le standard :
# Nom du site (H1 obligatoire)
> Description courte du site en une ou deux phrases.
> Informations clés pour comprendre le contexte.
## Documentation
- [Titre de la page](https://votresite.com/page): Description
- [Autre page](https://votresite.com/autre): Description
## Guides
- [Guide complet](https://votresite.com/guide): Description
Le choix du Markdown n’est pas anodin : les LLM sont nativement entraînés sur du Markdown et le parsent mieux que n’importe quel format structuré. C’est ce qui différencie le llms.txt du sitemap XML — il est fait pour être lu par une IA, pas seulement parsé.
Le llms-full.txt — Le standard prévoit aussi un fichier complémentaire, llms-full.txt, qui inclut le contenu complet en Markdown de chaque page référencée. C’est l’option nucléaire : l’IA n’a même plus besoin de visiter vos pages individuelles. Des sites comme Cloudflare (3,7 millions de tokens) et Prisma (1,5 million) l’utilisent déjà pour leur documentation.
Adoption actuelle — Début 2025, des milliers de sites de documentation ont adopté le standard. Anthropic, Cursor, fast.ai publient leur llms.txt. Google’s John Mueller a comparé le llms.txt au meta keywords tag (aujourd’hui obsolète), mais l’adoption croissante et le coût minimal d’implémentation en font un pari à faible risque et fort potentiel.
Implémenter llms.txt sur WordPress — 4 méthodes concrètes :
Méthode 1 : Plugin dédié (recommandé) — Le plugin Website LLMs.txt (10 000+ installations actives) génère et maintient automatiquement vos fichiers llms.txt et llms-full.txt. Il s’intègre avec Yoast, Rank Math, SEOPress et AIOSEO, respecte automatiquement les pages marquées noindex/nofollow, et propose un système de détection de crawlers IA. Paramétrage : Réglages → LLMs.txt, choisir les types de contenus à inclure, la fréquence de mise à jour (immédiate, quotidienne ou hebdomadaire).
Méthode 2 : Via Yoast SEO — Depuis juin 2025, Yoast (gratuit et premium) génère nativement un llms.txt. Régénération hebdomadaire automatique via cron WordPress, sélection intelligente des contenus les plus récents et pertinents. Activer dans : Yoast SEO → Réglages → Avancé.
Méthode 3 : Via Rank Math — Rank Math supporte également llms.txt depuis 2026. Configuration accessible dans les paramètres généraux du plugin.
Méthode 4 : Manuellement — Créez un fichier llms.txt en Markdown, uploadez-le à la racine de votre WordPress via FTP ou le gestionnaire de fichiers de votre hébergeur (dans le même répertoire que wp-config.php). Vérifiez ensuite que votresite.com/llms.txt retourne bien le contenu.
Bonnes pratiques llms.txt pour WordPress :
Incluez votre sitemap.xml dans le fichier pour que l’IA puisse découvrir l’ensemble de vos URLs. Priorisez vos contenus cornerstone : guides complets, articles piliers, pages de services. Ajoutez une description unique par page — ne réutilisez pas la meta description SEO, rédigez une phrase spécifiquement pensée pour qu’un LLM comprenne le rôle de cette page. Mettez à jour le fichier à chaque publication importante. Et surtout : testez en visitant votresite.com/llms.txt dans votre navigateur après chaque modification.
5. Renforcer les signaux E-E-A-T dans le code
Les moteurs IA privilégient les sources qu’ils identifient comme expertes et fiables. Sur WordPress, les signaux E-E-A-T se traduisent techniquement par :
Une page Auteur complète avec photo, bio détaillée, liens vers les profils professionnels (LinkedIn, WordPress.org), réalisations concrètes. Le schema Person doit lier l’auteur à ses articles via sameAs.
Une page À propos structurée avec le schema Organization, incluant le nom légal, l’adresse, le logo et les références d’autorité.
Des dates de publication et de mise à jour visibles sur chaque article. Les LLM privilégient les contenus récents et actualisés. Un article mis à jour régulièrement avec une date fraîche sera préféré à un contenu daté, même si ce dernier est mieux référencé sur Google.
HTTPS actif (vérifiez le cadenas dans la barre d’adresse). Les moteurs IA comme les moteurs de recherche exigent une connexion sécurisée avant d’indexer.
6. Densifier l’information factuelle
L’étude de Princeton a démontré que l’ajout de statistiques est la méthode GEO la plus performante, devant l’ajout de citations de sources et le langage autoritaire. Concrètement : intégrez au moins une donnée chiffrée vérifiable tous les 150 à 200 mots. Citez explicitement vos sources (nom de l’organisme, année). Préférez les sources originales (rapports d’étude, documentation officielle) aux articles de seconde main.
Sur WordPress, prenez l’habitude d’utiliser un bloc Gutenberg « Citation » (blockquote) pour encadrer vos sources clés. Ces blocs sont sémantiquement distincts dans le HTML et plus facilement identifiables par les crawlers IA.
7. Couvrir l’intention conversationnelle
Les utilisateurs ne posent pas les mêmes questions à ChatGPT et à Google. Sur Google, on tape « meilleur plugin cache WordPress ». Sur ChatGPT, on demande « Quel plugin de cache me recommandes-tu pour un WooCommerce avec 5 000 produits sur un hébergement mutualisé ? ». La requête est plus longue, plus spécifique, plus contextuelle.
Pour couvrir ces requêtes, travaillez la longue traîne conversationnelle. Intégrez dans vos articles les questions que vos prospects poseraient à un chatbot : « Est-ce que WP Rocket fonctionne avec Nginx ? », « Faut-il désactiver le cache pour les utilisateurs connectés sur WooCommerce ? ». Structurez ces questions en H3 avec la réponse dans les 40 premiers mots du paragraphe suivant. Ce format question/réponse naturel (sans bloc FAQ artificiel) est exactement ce que les LLM recherchent.
Comparatif des plugins WordPress pour le GEO
Le marché se structure en deux catégories : les plugins SEO historiques qui ajoutent progressivement des fonctions GEO, et les plugins spécifiquement conçus pour la visibilité IA.
| Plugin | Type | llms.txt | Schema avancé | Analytics IA | Prix | Mon avis |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Rank Math | SEO + GEO | Oui (2026) | 840+ types | Tracker trafic IA | Freemium | Le plus complet en gratuit |
| Yoast SEO | SEO + GEO | Oui (06/2025) | Graphe unifié | AI Brand Insights (premium) | 118-358 €/an | Meilleur monitoring IA (cher) |
| LovedByAI | GEO dédié | Oui | Entity grounding | Citation tracking | Freemium | Rendering LLM actif (unique) |
| GEO Pilot | GEO dédié | Oui (dynamique) | Non | Non | Gratuit | Léger, bon pour débuter |
| MAIO | GEO dédié | Non | Basique | Détection 5 bots IA + analytics | Gratuit | Meilleur pour les analytics IA |
| Website LLMs.txt | llms.txt spécialisé | Oui (le plus complet) | Non | Détection crawlers IA | Gratuit | Référence pour llms.txt |
Ma recommandation : la stack GEO optimale en 2026 combine un plugin SEO solide pour le socle technique et un plugin GEO dédié pour la couche IA. Concrètement : Rank Math (gratuit) + Website LLMs.txt (gratuit) pour la majorité des sites. Si vous avez le budget, Yoast Premium AI Brand Insights + LovedByAI offre le monitoring le plus complet de votre visibilité dans les réponses IA.
Point critique : aucun plugin ne fait le travail à votre place. Les plugins GEO gèrent la tuyauterie technique (Schema, llms.txt, détection de bots). Mais la qualité du contenu — densité factuelle, structure citable, autorité thématique — reste entièrement entre vos mains.
Plan d’action : rendre son WordPress visible pour les LLM
Voici le protocole que je recommande pour passer d’un site WordPress optimisé SEO à un site optimisé GEO, en étapes priorisées.
Étape 1 : Sécuriser l’accès technique (Jour 1)
Vérifiez votre robots.txt. Assurez-vous que les crawlers de citation (ChatGPT-User, PerplexityBot, OAI-SearchBot) ne sont pas bloqués. Installez Website LLMs.txt ou activez la fonction llms.txt de votre plugin SEO. Testez immédiatement : votresite.com/llms.txt et votresite.com/robots.txt.
Étape 2 : Auditer et corriger le balisage (Semaine 1)
Passez chaque page importante dans le Rich Results Test de Google. Vérifiez que le schema Article est présent avec auteur (Person), date de publication, date de mise à jour. Ajoutez FAQPage sur vos contenus qui contiennent des questions/réponses. Complétez votre schema Organization sur la page d’accueil et la page À propos. Reliez tout avec sameAs.
Étape 3 : Optimiser vos 10 contenus piliers (Semaines 2-3)
Identifiez vos 10 articles les plus stratégiques. Pour chacun : réécrivez les 60 premiers mots de chaque section pour qu’ils répondent directement à la question implicite du H2. Ajoutez au moins 3 statistiques vérifiables avec sources. Éliminez les références ambiguës (« cet outil », « cette méthode ») et nommez explicitement chaque entité. Ajoutez des questions conversationnelles en H3 (« Est-ce que X fonctionne avec Y ? »).
Étape 4 : Renforcer l’autorité auteur (Semaine 3)
Créez ou complétez votre page Auteur avec bio, photo, liens professionnels, réalisations. Assurez-vous que chaque article affiche le nom de l’auteur, sa photo et un lien vers cette page. Le schema Person doit apparaître dans le JSON-LD de chaque article. Les LLM privilégient les contenus attribués à un auteur identifié plutôt que les contenus anonymes.
Étape 5 : Mettre en place le monitoring (Semaine 4)
Installez MAIO ou activez la détection de crawlers IA de Website LLMs.txt pour surveiller quels bots visitent votre site. Dans GA4, créez un segment pour identifier le trafic referral provenant de chat.openai.com, perplexity.ai, et autres moteurs IA. Planifiez un test mensuel : posez 5 questions clés à ChatGPT et Perplexity, et documentez si vous êtes cité.
Étape 6 : Itérer et élargir (Mois 2+)
Appliquez le protocole GEO à chaque nouveau contenu publié. Créez des contenus spécifiquement conçus pour les requêtes conversationnelles de votre niche — des contenus que les gens demandent à ChatGPT mais que personne ne rédige encore. Mettez à jour régulièrement le llms.txt avec vos nouveaux contenus piliers. Et surtout : surveillez l’évolution du marché, car le GEO évolue aussi vite que les modèles IA eux-mêmes.
Mesurer ses résultats GEO sur WordPress
Le GEO souffre aujourd’hui d’un déficit de mesure par rapport au SEO. En SEO, tout se track : positions, CTR, trafic organique. En GEO, les métriques sont encore émergentes. Voici ce qui est mesurable concrètement en 2026.
Trafic referral IA dans GA4 — Les visites provenant de ChatGPT, Perplexity et d’autres moteurs IA apparaissent dans vos sources d’acquisition. Filtrez par source/medium pour isoler chat.openai.com, perplexity.ai, gemini.google.com. Ce trafic a augmenté de 527 % au premier semestre 2025 selon Previsible.
Logs serveur — L’analyse des user-agents dans vos logs Apache/Nginx révèle précisément quels bots IA visitent votre site, à quelle fréquence, et quelles pages ils consultent. Des plugins comme MAIO automatisent cette analyse.
Tests manuels réguliers — C’est aujourd’hui la méthode la plus fiable. Posez des questions liées à votre domaine dans ChatGPT, Perplexity et Claude, et documentez vos citations. Automatisez ces tests chaque mois pour suivre l’évolution.
KPIs émergents — Des outils comme Profound, Evertune ou Yoast AI Brand Insights proposent des métriques dédiées : AI Visibility Rate (fréquence d’apparition dans les réponses IA), Citation Rate (taux de citation par rapport aux concurrents), AI Brand Score (score de réputation IA de 0 à 100). Ces outils sont encore jeunes et coûteux, mais ils dessinent l’avenir de la mesure GEO.
Du GEO au GIO : ce qui vient après
Le GEO répond à la question « Est-ce que je suis cité ? ». Le GIO (Generative Information Optimization) répond à une question bien plus stratégique : « Comment suis-je cité ? ». Être mentionné comme « une solution parmi d’autres » ou comme « la référence du secteur », ce n’est pas du tout la même chose.
Le GIO travaille sur la cohérence narrative à travers toutes les sources que l’IA consulte : votre site, mais aussi les articles tiers, les avis, les profils sociaux, les mentions dans la presse spécialisée. Si ces sources racontent des histoires contradictoires sur votre marque, l’IA hésitera à vous recommander.
WordPress, avec son architecture ouverte et extensible, est bien positionné pour cette évolution. Les hooks, les données structurées modulaires et la possibilité de servir des rendus spécifiques aux crawlers IA (comme le fait LovedByAI) préfigurent un web où chaque site aura deux vitrines : une pour les humains, une pour les machines.
Pour approfondir le cadre stratégique GEO/GIO et découvrir le Chunk Engineering appliqué, consultez le guide complet que j’ai rédigé à destination de mes étudiants en mastère Marketing : Stratégies GEO & GIO : Guide de l’Optimisation IA 2026.
Checklist GEO WordPress : les 5 actions prioritaires
1. Vérifier que votre robots.txt autorise les crawlers de citation (ChatGPT-User, PerplexityBot, OAI-SearchBot) et bloque les crawlers d’entraînement.
2. Déployer un fichier llms.txt à la racine de votre site, via plugin ou manuellement, et le maintenir à jour.
3. Installer un balisage Schema.org complet (Article + Person + Organization + FAQPage) sur l’ensemble de vos contenus stratégiques.
4. Réécrire les 60 premiers mots de chaque section de vos articles piliers pour qu’ils soient autonomes et citables par un LLM.
5. Tester mensuellement votre visibilité en posant des questions clés à ChatGPT, Perplexity et Claude, et ajuster votre stratégie en fonction des résultats.

Le GEO n’est pas une révolution qui remplace le SEO. C’est une couche supplémentaire, indispensable, qui transforme votre site WordPress d’une page bien classée en une source que les IA recommandent. Les sites qui s’y mettent maintenant construisent un avantage cumulatif : une fois qu’un LLM vous identifie comme source fiable sur un sujet, il tend à vous favoriser pour les requêtes apparentées. C’est un effet boule de neige. Et il est encore temps de le déclencher.


