Un cahier des charges de site web décrit le site à construire : à quoi il sert, pour qui, avec quelles pages et quelles fonctionnalités, pour quel budget et quelle date. Daté, signé par le client et le prestataire, joint au devis ou au contrat, il devient la référence du projet. À mon avis, la trame revient au prestataire, qui la propose et la discute ; le client la corrige avant de signer. Pour un projet très complexe, ce cadrage se facture. Mon modèle Word et PDF (13 rubriques et une annexe) est gratuit, en bas de l’article.
Pas le temps ? Faites-le analyser par l'IA
Vous me lisez souvent ? Dites-le à Google
J'ajoute WPFormation à mes sourcesUn cahier des charges de site web est le document qui décrit, noir sur blanc, le site que vous allez faire construire : ce qu’il doit vous rapporter, à qui il s’adresse, les pages et les fonctionnalités prévues, le budget, la date de mise en ligne et la façon dont on vérifiera que tout est conforme. Le prestataire s’en sert pour chiffrer, puis pour construire. Vous, pour contrôler à la livraison que vous avez bien reçu ce qui était prévu.
Il sert aussi le jour où les souvenirs divergent. Un fichier envoyé par mail puis oublié n’a pas la même portée qu’une annexe datée, validée par les deux parties et jointe au devis ou au contrat accepté. Celle-là, on la rouvre en cas de désaccord, et on relit ce qui a été décidé au lieu de se fier à sa mémoire.
Quant à savoir qui l’écrit, ma position est simple : le prestataire en propose la trame et en discute avec vous, vous la corrigez, puis vous la signez tous les deux. Pour un site ou une application très complexe, ce travail de cadrage prend du temps, et il se facture.
Le projet que je mène en ce moment pour un établissement scolaire suit exactement ce circuit : je vous le raconte plus bas. Et si vous cherchez surtout un modèle, le mien est gratuit, en Word éditable et en PDF : il vous attend tout en bas de cette page.
Qu’est-ce qu’un cahier des charges de site web ?
Le mot fait peur, alors que l’objet est simple. Un cahier des charges rassemble tout ce qui doit être décidé avant de concevoir le site, pour que personne n’ait à interpréter en cours de route. Il dit ce que le site doit faire, jamais comment le programmer : "les visiteurs réservent un créneau en ligne et reçoivent une confirmation par email" a sa place dans le cahier des charges, alors que le choix de l’extension de réservation appartient au prestataire.
Trois documents se ressemblent et se confondent souvent. Sur un petit projet, ils tiennent parfois dans un seul fichier ; sur un gros, chacun a sa vie.
| Document | Qui l’écrit | À quel moment | Ce qu’il contient |
|---|---|---|---|
| L’expression des besoins (le brief) | Le client | Avant de consulter des prestataires | L’activité, les objectifs, les publics, le budget, les délais, ce qui existe déjà |
| Le cahier des charges | Le prestataire le propose, le client le corrige, les deux le signent | Après le choix du prestataire, avant toute conception | Le périmètre détaillé, page par page et fonction par fonction, et les critères de validation |
| Les spécifications techniques | Le prestataire | Pendant la conception | Les choix de construction : thème, extensions, hébergement, réglages |
Sa force juridique tient à un détail : la signature. L’article 1103 du Code civil pose que "les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits". Un cahier des charges daté, joint au devis ou au contrat signé (ou auquel ce dernier renvoie), fait partie de l’accord. Tant qu’il n’est ni validé ni rattaché au contrat, sa portée reste bien plus fragile.
Pourquoi il protège autant le client que le prestataire
Côté client, le bénéfice se voit tout de suite. Deux prestataires qui chiffrent le même document vous rendent des devis comparables. Deux prestataires qui chiffrent une simple conversation vous rendent deux projets différents, à des prix sans rapport, et vous voilà incapable de choisir autrement qu’au doigt mouillé. À la livraison, vous cochez des cases au lieu de discuter d’impressions. Et s’il manque quelque chose, vous avez de quoi le réclamer.
Côté prestataire, le document fixe le périmètre. Ce qui n’y figure pas n’est pas compris dans le prix, et toute demande supplémentaire passe par un avenant chiffré. Je sais ce que je dois livrer, pour quand, et ce que je peux refuser sans froisser personne.
J’ai appris tout ça à mes dépens, en 2014, sur un site e-commerce. Le cahier des charges existait, on l’avait signé, tout semblait carré. Sauf qu’il n’était pas assez bordé : des formulations vagues, des "etc." en fin de liste, des fonctionnalités résumées en une ligne là où il en aurait fallu dix.
On s’y référait tous les deux. Et là où le texte était flou, chacun lisait ce qui l’arrangeait. Le client voulait "quelque chose en plus" sur le tunnel de commande : une bricole, pour lui, une demi-journée de développement, pour moi. Le document ne tranchait pas, donc le flou jouait… toujours dans le même sens. J’ai livré, et le client était content au final. Mais j’avais laissé des marges entières dans les allers-retours, à réécrire des bouts de spécifications qu’on aurait dû figer trois mois plus tôt. Devinez qui a payé la différence ? (Indice : pas le client.)
Depuis ce chantier, mes cahiers des charges sont beaucoup plus cadrants et ne laissent plus de place à l’interprétation. Ce n’est pas de la méfiance envers mes clients. Un document précis protège les deux personnes assises à la table : le client sait ce qu’il aura, moi ce que je lui dois.
Qui doit rédiger le cahier des charges ?
Tranchée, ma position ? Pas tant que ça. Pour moi, c’est au prestataire de proposer un cahier des charges et d’en discuter avec le client. Le client peut, et doit, y apporter des modifications s’il le souhaite, bien évidemment. Mais c’est à celui qui crée le site (dans mon cas, le créateur de sites WordPress) de proposer au moins une trame.
La raison est pratique. Un client sait ce qu’il vend, à qui, et avec quel budget. Il ne peut pas deviner qu’il faut décider qui détiendra le nom de domaine, qui aura le droit de publier, ce que deviendront les anciennes adresses de son site ou comment recueillir le consentement aux cookies. Poser ces questions-là fait partie de mon métier. Un client qui rédige seul son cahier des charges écrit ce qu’il sait, et le document reste muet sur le reste… précisément là où naissent les dépassements.
Ça ne le dispense pas de travailler, au contraire. Avant même de choisir un prestataire, rien ne l’empêche de noter ce qu’il sait déjà : son activité, ses objectifs, ses publics, son budget, ses délais, les contenus qu’il a sous la main. Mon modèle sert aussi à ça, et les cases qu’il ne sait pas remplir deviennent la liste des questions du premier rendez-vous. Et si vous hésitez sur le profil à qui les poser (agence, indépendant ou consultant), mon article sur le consultant WordPress vous aidera à choisir.
Pour les projets extrêmement complexes (un gros site, une application, de nombreuses intégrations avec d’autres logiciels), je pense qu’il faut faire payer une phase de cadrage, parce qu’elle prend du temps à mettre en œuvre. Sur un site vitrine ou une refonte classique, en revanche, le cadrage fait partie de mon travail de prestataire.
Le circuit que je suis, sur un projet en cours
Pour ce projet scolaire, tout a commencé par un cadrage complet et détaillé avec le client : près de trois quarts d’heure de visio, en questions-réponses, sur les objectifs, les publics, les contenus et le fonctionnement de l’équipe. Le jour même, je lui ai envoyé par écrit les questions restées ouvertes. Puis j’ai rédigé une première mouture du cahier des charges, que je lui ai envoyée. Au moment où j’écris ces lignes, fin septembre 2026, j’attends son retour, pour qu’on le signe tous les deux avant de commencer la moindre conception.
Ce qui a pesé le plus lourd pendant ce cadrage n’avait rien de technique :
- qui a le droit de publier, et qui valide avant la mise en ligne (la réponse a été nette : rien ne part sans le feu vert de la direction) ;
- ce que deviennent les anciennes actualités, publiées en PDF ;
- comment montrer la vie de l’école quand les élèves sont mineurs et que chaque photo exige l’autorisation écrite de leurs parents ;
- s’il faut une lettre d’information dès l’ouverture, ou la cadrer plus tard.
D’expérience, un client ne pense pas à se poser ces questions seul. Chacune modifie pourtant le site à construire : les rôles des utilisateurs, la page d’actualités, la galerie, l’inscription à la lettre d’information.

Si votre projet ressemble à celui-ci et que vous cherchez quelqu’un pour le cadrer, je vous propose la trame et on la construit ensemble.
Que doit contenir un cahier des charges de site web ?
Mon modèle découpe le document en 13 rubriques, numérotées de 0 à 12, plus une annexe pour les demandes hors périmètre. Voici ce que je mets dans chacune, et ce que j’espère y lire quand un client m’envoie le sien.
0. Informations générales
Le nom de l’entreprise ou du porteur de projet, la personne référente et son rôle, ses coordonnées, la date de rédaction, le numéro de version et le type de projet : création, refonte ou évolution d’un site existant. Le numéro de version a l’air d’un détail administratif. Il sert le jour où deux fichiers circulent : fait foi celui qui porte un numéro et une date, et qui est joint au devis signé.
1. Contexte et objectifs
Quelques lignes sur votre activité, puis la raison du projet : pourquoi maintenant. Ensuite l’objectif principal du site (vendre, obtenir des contacts, informer, recruter) et surtout un objectif chiffré sur douze mois, par exemple 30 demandes de devis par mois. "Avoir un site moderne" n’est pas un objectif, puisque personne ne saura jamais dire s’il est atteint.
Si un site existe déjà, donnez son adresse et dites ce qui fonctionne. Ce qui ne marche pas aussi, évidemment… mais ce qui marche disparaît trop souvent pendant une refonte, faute d’avoir été noté quelque part.
2. Cibles
Commencez par dire à qui parle le site. Un site pour des artisans ne se construit pas comme un site pour des acheteurs grands comptes : ni le vocabulaire, ni la longueur des pages, ni le parcours ne sont les mêmes. Décrivez la cible principale (qui, quel secteur, quel niveau de connaissance du sujet), la cible secondaire et ce que chacune vient chercher. Pour une école, par exemple, une famille qui cherche un établissement ne lit pas le site comme une famille déjà inscrite. Ajoutez deux ou trois sites concurrents ou de référence, avec ce qui vous y plaît.
3. Périmètre fonctionnel
Le cœur du document, et l’endroit où l’on tue le flou. On y trouve la liste des pages prévues, chacune avec son objectif et le contenu attendu. Puis les fonctionnalités, décrites une par une avec le comportement attendu… et ce qui se passe en cas d’erreur, la partie que tout le monde oublie.
Entre une ligne floue et une ligne utile, il y a souvent une seule phrase. Quelques exemples du genre de lignes que je lis, et de ce que j’aimerais lire à la place :
| Ligne floue | Ligne utile |
|---|---|
| Formulaire de contact | Nom, email, téléphone facultatif et message ; envoi à l’adresse commerciale et copie à l’expéditeur ; protection contre le spam ; message de confirmation à l’écran ; en cas d’échec, un message d’erreur et l’adresse email affichée |
| Blog | Articles répartis en quatre catégories, rédigés par deux personnes de l’équipe, relus par la direction avant publication |
| Espace membre | Accès réservé aux adhérents à jour de cotisation, comptes validés à la main, documents téléchargeables classés par année |
| Site bilingue | Français et anglais, toutes les pages traduites sauf les actualités, traductions fournies par le client, choix de la langue dans l’en-tête |
Reste à classer. Le piège classique s’appelle la liste à plat : cinquante fonctionnalités alignées, toutes au même niveau, comme si elles comptaient toutes autant. Le jour où le budget ou le délai se tend (il se tend toujours), il faut couper, et sans priorités on coupe au hasard. J’utilise la méthode MoSCoW, francisée dans mon modèle en quatre cases : indispensable (sans ça, le site ne sert à rien), important (ça compte, mais le site vit sans le jour de la mise en ligne), souhaitable (si le temps et le budget le permettent) et "pas cette fois" (noté, reporté, assumé).

La quatrième case est la plus utile, et celle qu’on oublie. Quand le client revient avec "et si on ajoutait juste…", on rouvre le document : la demande est rangée dans "pas cette fois", on en reparle en phase 2. Personne n’a à jouer les méchants.
Et si vous vendez en ligne ? Ajoutez un bloc à part, parce qu’une boutique multiplie les décisions : le nombre de produits et leurs variantes (tailles, couleurs), qui saisit les fiches produits, les moyens de paiement, les transporteurs et les zones de livraison, la gestion des stocks, la TVA, les factures, les retours. Chacun de ces points peut, à lui seul, faire bouger un devis.
4. Arborescence et parcours
Comment les pages s’organisent, et comment le visiteur circule. Pas besoin d’un logiciel, une feuille de papier et des flèches suffisent. Listez les entrées du menu principal, puis décrivez le parcours clé, de l’arrivée sur le site jusqu’à l’action que vous attendez. Pour un artisan, ça peut donner : page d’accueil, réalisations, tarifs, demande de devis. Un menu qui s’allonge à chaque réunion signale une arborescence pas encore tranchée.
5. Contraintes techniques
Tout ce qui contraint la construction, même quand vous ne savez pas y répondre. Dans ce cas, écrivez "à valider avec le prestataire" : une case vide ne dit rien, alors qu’une case marquée devient une question pour le premier rendez-vous.
- Hébergement : existant ou à souscrire, et surtout au nom de qui.
- Nom de domaine : déjà acheté ou à réserver, et qui en est titulaire.
- Technologie : WordPress imposé, un autre outil, ou le choix laissé au prestataire.
- Intégrations : logiciel de gestion commerciale, outil de lettre d’information, paiement, agenda en ligne.
- Conformité RGPD : mentions légales, bandeau de consentement aux cookies, formulaires, durée de conservation des données.
- Reprise de l’existant : contenus à migrer et redirections des anciennes adresses.
Sur les cookies, la CNIL est précise. Elle recommande de proposer deux boutons, accepter et refuser, "présentés au même niveau et sur le même format", et précise que toute autre action que l’acceptation, comme la fermeture du bandeau, "doit être considérée comme un refus". Ça se décide dans le cahier des charges, pas le jour où l’on branche l’outil de statistiques. Mon guide RGPD pour WordPress détaille le reste.
6. Charte graphique et design
Ce qui vous plaît, et ce qui vous déplaît : les deux sont utiles. Indiquez si un logo et une charte existent, les couleurs imposées, le ton recherché (sobre, chaleureux, haut de gamme, technique). Puis donnez des sites de référence, avec le pourquoi. "J’aime ce site" ne m’apprend rien. "J’aime que les tarifs soient visibles dès la page d’accueil" m’apprend beaucoup, et me donne une contrainte que je peux chiffrer.
7. Contenus
La question qui plombe les plannings, quand on l’oublie, porte sur les textes et les photos : qui les fournit, et pour quand. Un site terminé techniquement ne peut pas ouvrir sans ses textes, et le calendrier dépend alors autant de vous que du prestataire. Précisez qui produit chaque type de contenu (vous, le prestataire, un rédacteur), le nombre de pages à rédiger, l’origine des visuels (vos photos, une banque d’images, un shooting) et, surtout, la date à laquelle tout sera prêt.
Deux cas demandent une ligne de plus. En refonte, dites ce que deviennent les anciens contenus : repris, réécrits, archivés ou supprimés. Et dès qu’une photo montre des personnes, prévoyez les autorisations de droit à l’image, et celles des parents pour les mineurs. L’école dont je parlais plus haut prépare justement les siennes.
8. Référencement, performance, accessibilité
Ici, remplacez chaque adjectif par un critère vérifiable. Si le site doit être livré optimisé pour les moteurs de recherche, précisez ce que ça couvre : une optimisation de base (balises title et meta description, structure des titres, plan du site, indexation) ou une vraie prestation de référencement, chiffrée à part. Listez les requêtes visées. En refonte, exigez une redirection 301 de chaque ancienne adresse vers sa nouvelle équivalente, sinon le trafic acquis part avec les anciennes adresses.
Pour la vitesse, "un site rapide" ne veut rien dire. Reprenez plutôt les seuils que Google fixe pour ses Signaux Web essentiels : le contenu principal affiché en 2,5 secondes au plus (LCP), une réaction aux clics en 200 millisecondes au plus (INP) et une mise en page qui ne saute pas, avec un score de décalage de 0,1 au plus (CLS). Ces seuils se mesurent au 75e percentile : trois visites sur quatre doivent faire au moins aussi bien, sur mobile comme sur ordinateur.
Précisez aussi comment on mesure, parce que le jour de la livraison, le site n’a pas encore de visiteurs. On teste donc en laboratoire, avec PageSpeed Insights, puis on vérifie sur les données des vrais visiteurs quand elles existent. Les deux ne racontent pas toujours la même histoire : sur mon propre site, le laboratoire annonçait moins de 50 millisecondes de réponse du serveur, quand mes visiteurs sur mobile en mesurent 450.
L’accessibilité, enfin, n’est plus une option pour tout le monde. Depuis le 28 juin 2025, un site de commerce en ligne qui vend à des particuliers doit être accessible aux personnes handicapées, en application de la directive européenne 2019/882. Seules les microentreprises y échappent : moins de 10 personnes, et un chiffre d’affaires ou un total de bilan annuel de 2 millions d’euros au plus. Pour un site vitrine, l’obligation dépend de votre secteur et de votre statut, mais le cahier des charges doit de toute façon fixer un niveau, par exemple le niveau AA des règles internationales WCAG. J’en parle en détail dans mon guide de l’accessibilité WordPress. Dernière ligne de la rubrique : l’outil de statistiques souhaité, qui, selon l’outil choisi, demandera lui aussi le consentement des visiteurs.
9. Budget et planning
La rubrique que beaucoup laissent vide, et celle qui coûte le plus cher quand elle l’est. "Faites-nous une proposition", ça se traduit par : devinez combien je veux mettre, et je vous dirai si c’est trop. Donnez une fourchette. Elle ne vous engage pas à la dépenser ; elle indique au prestataire quelle solution proposer, parce qu’on ne construit pas le même site avec un budget serré et avec un budget confortable. Mon article sur le prix d’un site WordPress vous donnera des ordres de grandeur.
Côté planning, notez la date de mise en ligne visée, les étapes de validation (maquette, première version, recette) et toute date impérative : un salon, un lancement de produit, une rentrée scolaire. Une échéance de ce genre change la façon de travailler, et mieux vaut la connaître le premier jour que la découvrir au milieu du projet.
10. Maintenance et reprise des accès
Une mission, je la structure en deux temps que je ne mélange jamais. D’abord la création du site : la prestation, le périmètre, la livraison. Une fois le site en ligne et validé, et seulement là, on parle de la suite, dans un document à part. Si le client veut une maintenance, elle se cadre dans son propre contrat de maintenance WordPress, avec ses engagements (je propose d’ailleurs une offre de maintenance). S’il n’en veut pas, je formalise la fin de mission : date de remise, sauvegarde testée, liste des accès, responsabilités d’entretien et support restant. Cette décharge clarifie l’absence de maintenance future. Elle n’efface ni les obligations légales ni la responsabilité sur le travail livré.
La reprise des accès, on l’oublie trop souvent : Notez dès le cahier des charges qui détient l’hébergement, le nom de domaine et les comptes d’administration, idéalement tous au nom du client. À la livraison, remettez les accès dans un gestionnaire de mots de passe ou une archive chiffrée, transmettez la clé par un second canal, puis renouvelez les accès temporaires. Une clé USB non chiffrée avec tous les mots de passe n’est pas un plan de reprise.
11. Formation et prise en main
Un site livré n’est utile que si quelqu’un sait le faire vivre. Décidez qui mettra à jour les textes, les photos, les produits et les prix après la livraison. Si c’est vous ou votre équipe, prévoyez la formation dès le cahier des charges : nombre d’heures, visio ou présentiel, nombre de participants, documentation fournie (guide écrit, vidéos). Pour l’école, la formation de l’équipe fait partie du projet depuis le premier devis. C’est d’ailleurs mon autre métier : je forme à WordPress depuis 2012, en individuel comme en équipe.
12. Recette et critères de validation
La recette désigne le moment où vous vérifiez que le site livré correspond au document. Sans critères écrits, elle traîne indéfiniment. Le cahier des charges doit donc prévoir :
- la liste des points à vérifier avant la mise en ligne (pages, formulaires, affichage sur mobile, vitesse, mentions légales) ;
- la personne qui valide côté client, et une seule ;
- le délai de recette accordé après la livraison ;
- la façon de traiter les défauts, en séparant ce qui ne fonctionne pas comme prévu, à corriger dans le prix convenu, de ce qui n’avait pas été prévu, qui devient une évolution chiffrée à part.
Le point sur la personne qui valide paraît secondaire. Trois personnes en copie, zéro décideur : le jour de valider une maquette, ça va être la fête. Nommez-la.
Annexe : les demandes hors périmètre
La clause qui protège les deux parties. Une demande qui n’est pas dans le document n’est pas dans le projet : elle fait l’objet d’un avenant chiffré, validé par écrit avant d’être réalisée. Notez aussi qui, côté client, a le droit de valider un avenant. Les ajouts restent possibles, ils passent simplement par un devis. Une ligne suffit, et elle vous évitera de voir le budget ou le planning fondre, une "petite demande" après l’autre.
Ce qui change quand le site tourne sous WordPress
Tout ce qui précède vaut pour n’importe quel site. WordPress ajoute ses propres questions, et ce sont souvent elles qui séparent deux devis d’apparence identique. Je les tranche systématiquement dans un cahier des charges WordPress :
| Question à trancher | Pourquoi elle compte | Ce que j’écris, par exemple |
|---|---|---|
| Thème : existant, premium ou sur mesure ? | Le prix, la liberté de mise en page et les mises à jour en dépendent | Thème à blocs, construit pour l’éditeur de site, sans constructeur de pages |
| Éditeur : blocs natifs ou constructeur de pages ? | Un constructeur enferme les contenus dans son propre format | Pages construites avec l’éditeur de blocs de WordPress et ses compositions |
| Extensions : lesquelles, et qui paie les licences ? | Les extensions premium se renouvellent en général chaque année | Liste des extensions, licences au nom du client, renouvellement à sa charge |
| Hébergement : lequel, au nom de qui ? | WordPress.org recommande PHP 8.3 ou plus, MariaDB 10.11 ou MySQL 8.0 ou plus, et HTTPS | Hébergement au nom du client, conforme aux recommandations officielles, sauvegardes quotidiennes testées |
| Rôles : qui administre, qui publie, qui relit ? | Chaque compte administrateur de trop multiplie les risques | Trois comptes aux droits étendus, les autres contributeurs envoient leurs contenus |
| Multilingue : combien de langues, traduites par qui ? | Une extension, souvent une licence, et des traductions à produire | Deux langues, traductions fournies par le client, extension choisie par le prestataire |
| Mises à jour : qui, à quel rythme ? | Le cœur, les extensions et le thème évoluent sans arrêt | Mises à jour mensuelles, avec un test du site après chacune, prévues dans le contrat de maintenance |
Nota : les versions citées pour l’hébergement sont celles que WordPress.org recommande en septembre 2026. Elles évoluent, alors vérifiez-les le jour où vous signez.
Sur la deuxième ligne du tableau, j’ai un avis tranché : je ne construis plus aucun site avec un constructeur de pages. Le jour où l’on désactive l’outil, le contenu reste prisonnier de son balisage propriétaire, et c’est le client qui paie la migration. J’ai détaillé mes raisons dans pourquoi je n’utilise plus de constructeur de pages. Si votre futur prestataire en propose un, posez-lui simplement la question : que deviennent mes pages le jour où je veux en changer ?
Trois exemples : site vitrine, boutique WooCommerce, refonte
Le bon cahier des charges fait la taille de son projet, et précis ne veut pas dire long. Selon le type de site, l’effort ne se place pas au même endroit.
Un site vitrine
Une boulangerie qui veut un site vitrine de cinq pages n’a pas besoin d’un document de trente pages. Deux ou trois pages bien remplies suffisent : qui vous êtes, ce que vous proposez, comment vous joindre, qui fournit les textes et les photos, et le formulaire de contact décrit ligne par ligne. L’effort porte sur les rubriques 1, 7 et 8 : l’objectif (des appels ? des commandes ? des visites en boutique ?), les contenus et le référencement local.
Une boutique WooCommerce
Là, il faut tout détailler, et la rubrique 3 grossit vite. Une boutique de 25 000 références n’a rien à voir avec une boutique de trente produits : l’import des fiches depuis le fichier d’un fournisseur, les variantes, les centaines de photos deviennent des chantiers à part entière, que le document doit décrire pour qu’on puisse les chiffrer. Ajoutez les conditions générales de vente, la politique de retour et l’accessibilité, obligatoire pour une boutique qui vend à des particuliers, sauf pour une microentreprise. Précisez enfin qui, chez vous, traitera les commandes et tiendra les stocks à jour : WooCommerce en automatise une partie, le reste demande quelqu’un.
Une refonte
La refonte a ses propres pièges, parce que le site existant a une histoire, et souvent un trafic. Le cahier des charges commence par un inventaire : les pages qui reçoivent des visites (la Search Console de Google vous les donne), celles qui génèrent des contacts, celles qu’on garde, qu’on réécrit, qu’on archive ou qu’on supprime. Chaque ancienne adresse doit ensuite pointer vers sa nouvelle équivalente, grâce à une redirection 301. Sur wpformation.com, le fichier de redirections compte aujourd’hui 662 entrées, accumulées au fil des années.
Reste la bascule. Pour l’école, le nouveau site se construit sur une adresse de travail protégée par un identifiant ; le jour du feu vert, le passage sur le vrai domaine prendra une dizaine de minutes. Écrivez cette étape dans le document, avec le nom de la personne qui décide du jour J. Mon tutoriel de refonte d’un site WordPress détaille la méthode, étape par étape.
Les erreurs qui font gonfler un devis
Donnez-moi un cahier des charges, et je sais assez vite si le projet va bien se passer. Les mêmes trous reviennent, et ils racontent chaque fois la même histoire.
Le mot "moderne" arrive souvent en tête. "Je veux un site moderne et performant." Bon. Moderne pour qui, performant mesuré comment ? Un adjectif pareil se discute pendant trois réunions, quand un critère chiffré se vérifie en une minute.
Et le fameux "je veux un truc comme Amazon" ? Là, drapeau rouge grand format. L’ambition ne me dérange pas. Derrière Amazon, toutefois, il y a des milliers d’ingénieurs et le budget d’un petit pays. Quand cette phrase débarque sans le budget qui va avec, je sais qu’on aura une conversation un peu gênante. Autant l’avoir tout de suite, sur le document, plutôt que dans deux mois sur une facture.
Viennent ensuite les documents mal proportionnés. Le cahier des charges de 80 pages pour un site vitrine de cinq pages : le client a voulu bien faire, personne ne le lira en entier, et l’essentiel s’y noie. Celui écrit à six mains par trois services qui ne se sont pas parlé, où le commercial veut une chose, la communication une autre et la technique une troisième : le prestataire se retrouve à arbitrer un conflit interne qui ne le regarde pas. Celui copié chez un concurrent, qui décrit le site de quelqu’un d’autre (oui, ça se voit tout de suite). Et celui rédigé par un développeur, plein de jargon, qui oublie de dire à quoi le site doit servir.
Les trois mots qui font fuir un bon prestataire : "moderne" sans critère mesurable, "proposition" à la place d’un budget, et "on verra en interne" à la place d’un décideur. Si votre cahier des charges contient les trois, ne vous étonnez pas de recevoir des devis gonflés : on vous facture le flou par précaution.
Aucun de ces trous n’est dramatique en soi. Le problème vient quand on tombe dedans une fois le devis signé. Un bon cahier des charges les met au jour pendant qu’ils ne coûtent encore rien à personne.
Mon modèle de cahier des charges à télécharger
Plutôt que d’affronter la page blanche, prenez le modèle que j’utilise pour cadrer un projet. Il contient un mode d’emploi, les 13 rubriques décrites plus haut, numérotées de 0 à 12, et l’annexe des demandes hors périmètre, avec des champs à remplir et des exemples. Le fichier Word est éditable ; le PDF sert de version propre à partager.
Ça marche pour quel type de site ? Site vitrine, boutique, refonte, sous WordPress ou avec un autre outil : un cahier des charges est une méthode avant d’être une technologie. Si vous préparez votre projet, remplissez-le avant de consulter des prestataires, en écrivant "à valider avec le prestataire" partout où vous hésitez. Le simple fait de le compléter vous oblige à trancher des choses que vous aviez en tête sans les avoir vraiment décidées. Et une fois le document signé, mon guide pour créer un site WordPress prend le relais.
Ne laissez aucun champ vide : Un "à voir plus tard" dans un cahier des charges, c’est un aller-retour garanti pendant le projet. Et gardez le document vivant après la mise en ligne : le jour où vous changez de prestataire ou préparez une refonte, il dit en une lecture ce que vous avez construit, et pourquoi.
Comment récupérer les fichiers ? Le formulaire, tout en bas de cette page, vous demande votre prénom et votre email. Vous recevez d’abord un message de confirmation. Après le clic, la page de confirmation propose le PDF, puis un second email contient les liens vers le Word et le PDF. Pas de téléchargement direct, donc : c’est un double opt-in, qui vérifie simplement que l’adresse est bien la vôtre.
Questions fréquentes sur le cahier des charges
Quelles sont les 4 composantes d’un cahier des charges ?
On regroupe souvent son contenu en quatre blocs : le contexte et les objectifs, les besoins fonctionnels (pages et fonctionnalités), les contraintes techniques, puis le budget et le planning. Mon modèle les détaille en 13 rubriques et y ajoute les contenus, la formation, la maintenance et la recette, que ce découpage en quatre blocs laisse souvent de côté.
Un cahier des charges a-t-il une valeur juridique ?
Oui, quand il fait partie de l’accord : daté, validé par les deux parties et joint au devis ou au contrat signé, ou cité par lui. L’article 1103 du Code civil prévoit que les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits. Un simple fichier échangé par mail, jamais validé, a une portée bien plus fragile. En cas de litige réel, l’avis d’un avocat reste la bonne adresse.
Qu’est-ce qu’un cahier des charges SEO ?
C’est la partie du cahier des charges qui fixe les exigences de référencement : optimisation de base incluse ou non (balises title et meta description, structure des titres, plan du site, indexation), requêtes visées, objectifs de vitesse et, en cas de refonte, la redirection 301 de chaque ancienne adresse vers la nouvelle. Dans mon modèle, elle correspond à la rubrique 8.
Combien de pages doit faire un cahier des charges ?
Il n’existe pas de longueur type. Un site vitrine de cinq pages tient en deux ou trois pages bien remplies ; une boutique de plusieurs milliers de produits en demande beaucoup plus, surtout pour le paiement, la livraison et les stocks. Calez la profondeur sur la complexité réelle du projet, et détaillez en priorité le périmètre fonctionnel.
Cahier des charges fonctionnel ou technique : quelle différence ?
Le fonctionnel décrit ce que le site doit faire, vu du visiteur et de la personne qui l’administre : un formulaire de devis qui envoie une copie au client, par exemple. Le technique décrit comment le construire : WordPress, telle extension, tel hébergement. Le client s’exprime surtout sur le fonctionnel ; le technique revient au prestataire, qui doit l’expliquer en termes compréhensibles.
Faut-il un cahier des charges pour un petit site ?
Oui, court. Même pour cinq pages, écrire qui fournit les textes et les photos, le budget, la date de mise en ligne et qui valide évite les malentendus les plus fréquents. Une page peut suffire, à condition qu’elle soit datée et validée par les deux parties.
Mes sources
- Article 1103 du Code civil : les contrats légalement formés engagent ceux qui les ont faits.
- Directive (UE) 2019/882 : exigences d’accessibilité des produits et services, dont le commerce électronique, applicables depuis le 28 juin 2025.
- CNIL, cookies et traceurs : comment mettre son site web en conformité.
- web.dev, Web Vitals : les seuils du LCP, de l’INP et du CLS, au 75e percentile.
- WordPress.org, configuration requise : les versions recommandées de PHP, MariaDB et MySQL.
- Agile Business Consortium, méthode MoSCoW : la priorisation en quatre catégories.
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- Le modèle que j'utilise pour cadrer un projet, champs + exemples
- Word éditable pour le remplir, PDF propre pour le partager
- Site vitrine, e-commerce, refonte : la même méthode
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